JOURNAL DE BORD PRIMAVERA




Usme, le “Nid d’amour” où nous contribuons au développement des enfants.


L’association a commencé ses activités en 2005 au quartier Los Comuneros à l´arrondissement de Usme et depuis sans interruption les enfants ont pu participer à nos activités durant l’année scolaire ainsi que durant quelques périodes des vacances. Nous avons également proposé des activités aux adultes et aux personnes âgées. Mais que savons nous de Usme, ancien mot indigène pour désigner un “Nid d’amour”?

Parmi toutes les choses que nous pourrions raconter sur cet arrondissement, nous pouvons mentionner les suivantes:

  • Usme est l’un des 20 arrondissements dont est composée la ville de Bogota, situé très au sud de cette turbulente capitale.

  • Usme est un des 7 arrondissements nommés d’urgence lié aux bas niveaux de vie de la population, il est le quatrième plus pauvre de la ville. Il compte 260 000 habitants étendus sur 21.556 hectares. Une de ses caractéristiques est d’être une des plus petites parties de la ville comprenant encore une population majoritairement paysanne. La majeure partie du territoire est rurale, dédiée à l’agriculture. Dans l’arrondissement, il y a un quartier qui se nomme également Usme. C’est là-bas que se situe le secteur rural, à 10 minutes du centre du secteur, et où l’on peut profiter d’une atmosphère naturelle très différente de celle de la ville. Dans ce secteur rural il n´y a pas de quartiers mais des hameaux.


Le paysage rural à Usme est constitué de terrains cultivés, de l´air pur, des personnes plutôt humbles et aimables, on peut aussi apercevoir le bétail, les enfants et les adultes avec leur poncho et leur chapeau. A moins de 40 minutes de marche de ce lieu, on peut jouir du plus grand plateau du monde, le plateau de Sumapaz qui est également un quartier de Bogotá, bien plus grand en terrain et comprenant moins de 1.000 habitants.


Ci-dessus le magnifique plateau de Sumapaz.

Malheureusement l’accroissement de la ville, la réception des déplacés et l´arrivée de personnes de tout le pays à la recherche de meilleures opportunités a pour conséquence un élargissement de Bogotá vers le Sud, faisant de Usme l’unique arrondissement où ces habitants peuvent se rendre. C´est ainsi que dans les prévisions de développement urbanistique de la ville vars cette partie Sud de Bogota, l’urbanisation de la campagne, la construction de logements sociaux, de routes et de centres commerciaux sont à l´ordre du jour, ayant pour conséquence un changement complet de la dynamique indépendante de Usme.

La majeure partie de la population de Usme, vit dans la partie urbaine ou périurbaine. Elle est divisée en 7 secteurs : Yomasa, La Flora, Alfonso López, Comuneros, Danubio, Usme village et Entre nubes, les 5 premiers sont les plus habités. A Usme, il n’y a presque pas d’industries, seulement quelques petits commerces. Certaines familles ont jusqu’à 9 enfants, et beaucoup sont à la charge seule de la mère, les familles ont des emplois majoritairement informels, c’est à dire qu’ils n’ont pas un travail stable, ils vendent généralement des vêtements ou des sucreries, ils participent aux travaux de construction ou ils sont chauffeurs de bus. Beaucoup de mères travaillent comme employées de maison dans les quartiers résidentiels du Nord, mais beaucoup d’entre elles n’ont aucun emploi. Quelques jeunes ne finissent pas leurs études et recherchent un travail et il y a malheureusement également des bandes et de la délinquance.

Malgré ces conditions, Usme est très agréable, il y a encore des communautés qui s’organisent pour progresser, on trouve des organisations jeunes et sociales, en art, agriculture, éducation, entre autres. La population est diverse, de toutes les villes et régions du pays et actuellement il y a beaucoup de descendants afro de la côte pacifique et caraïbe.


HISTORIQUE:

Les origines de Usme, correspondent au peuplement de toute l’Amérique du Sud. Comme d’autres régions de Bogotá (qui vient du mot muisca Bacatá), leur nom vient d’un mot indigène. Dans le cas d’Usme, il fut peuplé bien avant l’arrivée des conquérants espagnols, par les Muisca, qui pour pouvoir fonder des lieux sacrés de culte et de pèlerinage partirent à la recherche de sites avec des fontaines d’eau abondante et des lagunes. Ils peuplèrent la région reculée et montagneuse du plateau de Sumapáz et la haute vallée du fleuve Tunjuelo. Ils l’appelèrent Use-me, qui se traduit “Ton nid” ou nid d’amour.

Quelques légendes muiscas sur l’agglomération d’Usme sont arrivées jusqu’à nous grâce à la tradition orale, bien qu’ils n’y aient pas d’écrits qui les corroborent. Un exemple d’une de ces légendes est celle qui raconte qu’en 1480, s’affrontèrent Saguanmachica, le cacique de l’agglomération d’Usme, et le cacique de Ubaque et le zaque de Tunja, qui envahirent le village, enlevant Usminia la fille de Aguanmachica. Finalement le cacique d’Usme reprit le contrôle du village et se convertit en premier zipa de Bacatá, jamais il ne pût récupérer sa fille. (Tunja, Usminia, Ubaque furent des indigènes caciques de leurs territoires, le temps passé, ces personnages donnèrent leur nom aux quartiers et municipalités de la Sabana de Bogotá).

Déjà, à l’époque coloniale, vers les années 1650 fut érigée par les Espagnols la paroisse qui actuellement existe au centre de Usme-Rural. Entre 1911 et 1954 elle fut reconnue comme l’entité politique administrative indépendante, et par le gouvernement de Rojas Pinilla, elle fut inscrite à l’intérieur des limites de la capitale. L’intégration du plateau de Sumapaz et de la vallée du fleuve Tunjuelo est stratégique pour le contrôle des groupes de guerrilla. A cette époque, la localité était un lieu de conflits et de lutte entre les colons, les locataires de terre et les métayers pour la possession de la terre.

Le processus de peuplement de ce qui est aujourd’hui l’arrondissement d’Usme peut se comparer au peuplement de la zone montagneuse à l’époque préhispanique.

Usminia, El Virrey et la Marichuela, sont des quartiers représentatifs de l’arrondissement d’Usme, dont nombreux proviennent d’histoires d’amour de l’époque de la conquête espagnole. D’autres quartiers comme Alfonso Lopez, Sucre, sont des noms de présidents ou de personnalités politiques, et d’autres comme Comuneros, La Aurora, Vista hermosa, Bellavista, El Progreso, La Esperanza, La Reforma, etc, sont des noms donnés par les peuples, comme une espérance au progrès social.

De cette époque provient la légende de las Marichuelas, María Petronila y María Lugarda, deux soeurs qui partageaient à Usme une résidence proche du palais du gouvernement, qui à la fin de 1740 était habité par el virrey Solís, qui tomba amoureux de María Lugarda et en son honneur construisit l’exploitation agricole Las Manas. Là-bas se développèrent de grandes activités agricoles et d’élevage de bétail jusqu’à la fin de l’époque coloniale. Mais quelques temps plus tard l’exploitation agricole fut divisée en plusieurs parcelles de ferme d’élevage et en maison de campagne, et certaines d’entre elles ont conservé leur nom d’origine.

Des aborigènes indigènes d’Usme, nous savons très peu de choses. Mais curieusement l’année dernière, il y a eu une découverte très importante. Comme expliqué précédemment, dans la cadre de la politique urbanistique de Usme,et dans lors de la construction de logements, il en résulta qu’un contructeur qui avait acheté quelques terrains à urbaniser en retirant des couches de terre commença à extraire des os humains. On découvrit non seulement des restes humains ou dépouilles mais aussi un cimetière muisca datant de presque 2.000 ans, et qui permet de connaître quelques formes de vie de cette notre culture indigène ancestrale.


Vues d’Usme urbaine.


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